(Extrait de 2, poésie, Cornac, 2010)
Salut, toi qui nais à chaque révolution de la terre. Je sais ton nom : le cri du vent, et chaque fois l’écho qui s’érige! Tu retournes à ton état premier et tu te confonds avec l’oubli. Mais je suis la mémoire, celle qui met l’invisible en mouvement. Je fais lever l’aube des possibles et je deviens… Toi qui signes les commencements, remets au monde ta pensée, sculpte ta demeure de tes mains! Tu es celui qui renouvelle l’espérance.
Tu te dresses et je deviens le lieu de la naissance. Un cri m’arrache à moi-même; je m’accueille à travers toi. Où vas-tu, si ce n’est au plus profond de mon être? Tu marches vers ma parole. Écoute ce cri qui m’enfante et dis-moi si ce n’est pas moi que tu cherches.
Je regarde l’homme qui vient vers moi. La peau couvre un torrent d’amertume. Les entrailles s’évadent sous le couteau. Il faut d’abord arracher les yeux pour ouvrir le regard; puis, crever les membranes qui calfeutrent le ventre. Là, les rêves palpitent et les sources naissent. J’appelle le vent qui lave les viscères et je creuse mon chemin au centre des os. Mon souffle râpe la chair, pénètre le sang.
J’efface toute trace des faux départs. Je suis celle qui recommence le monde et voici venu le temps de la naissance.
© Geneviève Lévesque, 2010
Geneviève Lévesque – Accès Poésie
« Parler pour dire, c'est dire que l'on parle. »
En cours
EN COURS
L'événement Éloizes et le gala des Éloizes
Bathurst, N.-B. Vendredi 4 mai, interprétation de 3 textes à un souper littéraire, Restaurant Le Nectar. Samedi 5 mai, gala des Éloizes au Centre KC Irving où je suis finaliste dans la catégorie
«
Artiste de l'année en littérature
»
pour mon dernier recueil de poésie, 2.
PRESQUE TERMINÉ!!!
Écriture d'un essai sur le cheminement d'écriture d'Henri Bosco (1888-1976) lu à travers l'un de ses romans, Malicroix.
En plus de raconter une histoire, la fiction raconte aussi le travail d'écriture qui l'a fait naître, le saviez-vous?
Recherche pour l'écriture d'un roman de fantasy.
Dans un monde où les âmes effectuent un cycle de la mer à la terre au feu à l'air, le mythe devient réalité.
lundi 30 avril 2012
vendredi 13 avril 2012
Puisque l'impossible
Hier soir au Largo, dans le cadre de Québec la Muse, une auditrice m'exprimait qu'elle aurait aimé lire le texte que j'y ai interprété. Le voici!
il t’aurait fallu me dire
ta naissance et ton cri
l’échappée de ta main vers la mienne
depuis l’aube et l’aube de l’aube
dans les plis minuscules de l’oubli
il t’aurait fallu me dire
l’instant de ta mort
l’instant de la mienne
la plus infime mesure de l’existence
à l’aulne rabâchée des souvenirs
le puits où l’ombre combat la lumière
et où se vide
goutte à goutte
l’ennui
le temps ivre de nous deux
dans l’étendue
il t’aurait fallu me dire
toutes les fois où tu avais tenté
toutes les fois où tu avais osé
toutes les fois où tu avais échoué
toutes les fois où rien ne s’était passé
entre toi et moi
il t’aurait fallu me dire
comment tu m’aurais pris la main
comment tu aurais vu
les vagues de mon sourire
déferler sur toi
quelles choses douces et gentilles te seraient venues
en pensant à moi
il t’aurait fallu me dire
les coups sanglants de ta soif
les culbutes brutales de la mienne
les baisers que nous ne connaîtrions pas
il t’aurait fallu me dire
dans un printemps de douleur
ton corps épris
ta tête sans gloire
ta main étendue sur la mienne
et une montagne de gravier
ton histoire ta verdure
ton plaisir ta crispation
ta vertu
et la tache de ta raison
ébloui tu m’aurais dit
tu n’aurais jamais voulu te taire
tu m’aurais dit encore
tu m’aurais dit
et je songe à tout ce que tu m’aurais dit
il t’aurait fallu me dire
même si je savais déjà
même si en définitive il n’y avait rien
au bout de ta parole
qu’un grincement énervant du silence
avec la roue des souvenirs
même si oui pourquoi pas
même si rien
tu entends rien
de tout cela
ne pouvait se réaliser
il t’aurait fallu me dire
pour me laisser ce silence
cet écho de toi
dans les ruelles de ton absence
quand plus rien ne subsisterait de ton nom
pour me donner ce petit rien
que tu es
et ne plus jamais
le reprendre
il t’aurait fallu me dire
et me redire
me chanter
me montrer
cet été où tu étais là
cet été où tu n’avais jamais été
aussi près de moi
il t’aurait fallu me dire
cet embrasement de toi
quand tu t’étais approché
ce silence de tes mains
ce battement de toute ta poitrine
avec les ailes de ton être
déployées
ce crépitement de ta voix
ancrée dans la mienne
il t’aurait fallu me dire
toutes ces nuits dans le noir
toutes ces ardeurs
toutes ces chaleurs de ton corps
dans le noir
toutes ces brisures lentes de la peau
sous tes doigts
toutes ces moiteurs tendres
tendres
toutes ces pensées de ton corps
toutes ces idées de tes sens
toutes ces poussées de ta peau
contre la peau
du monde
il t’aurait fallu me dire
cet instant au creux de mes reins
cette étincelle
ce brûlement
ce gravissement de l’existence
cette montagne de rires
cette évaporation de soi
ce nivellement ce cratère ce pic
ce brusquement
ce quand même
ce il le faut
ce oumph de l’être
cette émergence de l’autre
que l’on tenait
caché en soi
il t’aurait fallu me dire
que rien d’autre n’existait
dans ce coin de l’existence
où nous étions blottis
et le matin
le matin où nous nous étions séparés
laissant tomber nos mains
dans le lac
où il n’y avait rien
il t’aurait fallu me dire
une longue complainte de jadis
où toi et moi aurions été
les dames et les loups mangés
dans le lit de mère-grand
comme si le petit chaperon rouge
n’avait jamais saigné
sous les draps
il t’aurait fallu me dire
comme tu aurais aimé
m’aimer
mais
comme tu ne le pouvais pas
puisque l’impossible
© Geneviève Lévesque, 2012
il t’aurait fallu me dire
ta naissance et ton cri
l’échappée de ta main vers la mienne
depuis l’aube et l’aube de l’aube
dans les plis minuscules de l’oubli
il t’aurait fallu me dire
l’instant de ta mort
l’instant de la mienne
la plus infime mesure de l’existence
à l’aulne rabâchée des souvenirs
le puits où l’ombre combat la lumière
et où se vide
goutte à goutte
l’ennui
le temps ivre de nous deux
dans l’étendue
il t’aurait fallu me dire
toutes les fois où tu avais tenté
toutes les fois où tu avais osé
toutes les fois où tu avais échoué
toutes les fois où rien ne s’était passé
entre toi et moi
il t’aurait fallu me dire
comment tu m’aurais pris la main
comment tu aurais vu
les vagues de mon sourire
déferler sur toi
quelles choses douces et gentilles te seraient venues
en pensant à moi
il t’aurait fallu me dire
les coups sanglants de ta soif
les culbutes brutales de la mienne
les baisers que nous ne connaîtrions pas
il t’aurait fallu me dire
dans un printemps de douleur
ton corps épris
ta tête sans gloire
ta main étendue sur la mienne
et une montagne de gravier
ton histoire ta verdure
ton plaisir ta crispation
ta vertu
et la tache de ta raison
ébloui tu m’aurais dit
tu n’aurais jamais voulu te taire
tu m’aurais dit encore
tu m’aurais dit
et je songe à tout ce que tu m’aurais dit
il t’aurait fallu me dire
même si je savais déjà
même si en définitive il n’y avait rien
au bout de ta parole
qu’un grincement énervant du silence
avec la roue des souvenirs
même si oui pourquoi pas
même si rien
tu entends rien
de tout cela
ne pouvait se réaliser
il t’aurait fallu me dire
pour me laisser ce silence
cet écho de toi
dans les ruelles de ton absence
quand plus rien ne subsisterait de ton nom
pour me donner ce petit rien
que tu es
et ne plus jamais
le reprendre
il t’aurait fallu me dire
et me redire
me chanter
me montrer
cet été où tu étais là
cet été où tu n’avais jamais été
aussi près de moi
il t’aurait fallu me dire
cet embrasement de toi
quand tu t’étais approché
ce silence de tes mains
ce battement de toute ta poitrine
avec les ailes de ton être
déployées
ce crépitement de ta voix
ancrée dans la mienne
il t’aurait fallu me dire
toutes ces nuits dans le noir
toutes ces ardeurs
toutes ces chaleurs de ton corps
dans le noir
toutes ces brisures lentes de la peau
sous tes doigts
toutes ces moiteurs tendres
tendres
toutes ces pensées de ton corps
toutes ces idées de tes sens
toutes ces poussées de ta peau
contre la peau
du monde
il t’aurait fallu me dire
cet instant au creux de mes reins
cette étincelle
ce brûlement
ce gravissement de l’existence
cette montagne de rires
cette évaporation de soi
ce nivellement ce cratère ce pic
ce brusquement
ce quand même
ce il le faut
ce oumph de l’être
cette émergence de l’autre
que l’on tenait
caché en soi
il t’aurait fallu me dire
que rien d’autre n’existait
dans ce coin de l’existence
où nous étions blottis
et le matin
le matin où nous nous étions séparés
laissant tomber nos mains
dans le lac
où il n’y avait rien
il t’aurait fallu me dire
une longue complainte de jadis
où toi et moi aurions été
les dames et les loups mangés
dans le lit de mère-grand
comme si le petit chaperon rouge
n’avait jamais saigné
sous les draps
il t’aurait fallu me dire
comme tu aurais aimé
m’aimer
mais
comme tu ne le pouvais pas
puisque l’impossible
© Geneviève Lévesque, 2012
lundi 23 janvier 2012
À l'ombre de ma vie de Roland Giguère
(Extrait de "Forêt vierge folle")
on n'écoute pas ce que je dis si je parle pour vous
mais je parle pour moi seul[e] ici
on n'écoute pas ce que je dis si je parle pour vous
mais je parle pour moi seul[e] ici
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mercredi 18 janvier 2012
Finaliste au Gala des Éloizes 2012
Nouvelles | Salle de presse
Geneviève Lévesque est finaliste au prix "Artiste de l'année en littérature" au Gala des Éloizes 2012 pour son recueil de poésie 2!
Le Gala des Éloizes aura lieu le 5 mai 2012 à Bathurst, Nouveau-Brunswick. Un événement où les finalistes et les gagnants seront en vedette précédera et suivra le gala lui-même. L'événement Éloizes se tiendra du 2 au 6 mai à Bathurst.
C'est la seconde nomination de Geneviève Lévesque au Gala des Éloizes. En 2004, elle avait obtenu la même distinction pour son premier recueil de poésie, Les aurores boréales naissent sous les pierres.
Geneviève Lévesque est finaliste au prix "Artiste de l'année en littérature" au Gala des Éloizes 2012 pour son recueil de poésie 2!
Le Gala des Éloizes aura lieu le 5 mai 2012 à Bathurst, Nouveau-Brunswick. Un événement où les finalistes et les gagnants seront en vedette précédera et suivra le gala lui-même. L'événement Éloizes se tiendra du 2 au 6 mai à Bathurst.
C'est la seconde nomination de Geneviève Lévesque au Gala des Éloizes. En 2004, elle avait obtenu la même distinction pour son premier recueil de poésie, Les aurores boréales naissent sous les pierres.
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Actualités
lundi 9 janvier 2012
Ces jours qui raccourcissent
derrière la vitrela première neige
tombe
nous faisons
un vœu
devant chaque flocon
la neige colle
un bonhomme de neige
pellette

quand il neige
nous nous ressemblons
tous
l’hiver
la neige se libère
des nuages
le ciel est sans fond
la neige
n’en finit plus
nos toits sont des frères
quand la neige
les rassemble
les cheminées
envoient des nuages
rencontrer les nuages
l’immensément petit
s’accumule
forme l’immensément grand
dans la neigetout
laisse sa trace
les patins du traîneau
écartent les voiles
de la neige
la neige crissemes pas
dans les tiens
le jour
la neige
s’irise
dans chaque flocon
le prisme
éclôt
l'œil
ne saurait saisir
la neige
la lumière
prisonnière
toute entière

combien de temps
les flocons retiendront-ils
la lumière
c’est la nuit
blanche
la neige
dans le noir
il neige
quand même

une seule étoile
scintille encore
au sommet du sapin
le sapin
tes yeux
illumination
tempête dehors
dans le petit écran
que de la neige
nous nous emmitouflons
comme s’il pouvait geler
en-dedans
le bruitdes flocons
qui tombent
sur la route
les voitures
s’excitent
attention
devant l’érable
passage d’écureuils

le père Noëlconnaît-il
les manchots
je voudrais voir
juste une fois
le vrai père Noël
nous ici
lui là-bas
et pourtant la même neige
le père Noël
les cadeaux
et Dieu qui ne s’y reconnaît plus
Noël
fête païenne
entre toutes
nous fêtons l’éclat
de la consommation
et la boirons jusqu’à la lie
nous consommons
consommons
nous
et si c’était Jésus
le premier
consommateur
il a fallu en consommer
des religions
pour en arriver là
trop de neige
fait tourner
les têtes
il faut fêter
fêter vous dis-je
pour oublier

l’hiver
une saison
difficile
l’hiver
même la lumière
s’endort
et nous sommes
ces jours
qui raccourcissent
nous écourtons nos prièresparce que le temps
presse
rentrer à la maison
oui
mais pour quel feu
nous ne savons même plus
chanter
nos lèvres bougent trop vite
sans parler de nos doigts
qui inventent
de nouveaux tours
viteregarder la neige
avant que tout meure ici
nous sommes sans fil
et sans reproche
la peur nous prend aux tripes
et puis la neige
recouvre
tout
le bonhomme de neige
me sourit
de guingois
il a tenu bon lui
au dégel
de la semaine passée
© Geneviève Lévesque, 2012
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Haïkus,
Poésie-photo
lundi 31 octobre 2011
Jacques et sa lanterne
Voici un conte d'Halloween que j'ai raconté vendredi aux élèves de la classe de mon fils, en maternelle. Il s'agit de l'histoire de Jack o'Lantern remaniée... façon sorcière!
Jacques était un petit garçon qui aimait beaucoup l’été. Il courait dans les champs, il attrapait des papillons, il écoutait les oiseaux chanter, il s’amusait à voir des dessins dans les nuages, il jouait dans le ruisseau, mangeait des carottes dans le jardin. Tout l’été, il passait ses journées dehors.
Mais quand l’été finissait, Jacques était malheureux. Il faisait froid, il pleuvait, toutes les carottes étaient récoltées dans le jardin, les oiseaux se cachaient ou partaient au soleil dans le Sud, et sa maman ne voulait plus le laisser jouer dans le ruisseau parce qu’il faisait trop froid.
Une nuit, Jacques a fait un rêve.
Il a rêvé que l’été ne reviendrait plus jamais. Il n’y aurait plus de soleil, plus de chaleur, plus de carottes. Il ferait toujours, toujours, toujours froid, sombre et humide comme pendant les journées pluvieuses d’octobre.
En se réveillant, Jacques a eu peur. Il a dit à sa maman :
— J’ai rêvé que l’été ne reviendrait plus jamais. J’ai peur de ne jamais plus pouvoir jouer dans le ruisseau, de ne jamais plus pouvoir faire toutes les choses que j’aime faire l’été!
Sa maman lui a répondu :
– Voyons, Jacques, tu penses trop. Va donc jouer dehors dans les feuilles mortes.
Jacques est allé dehors, mais il avait encore peur.
Il est allé voir son papa et lui a dit :
– J’ai rêvé que l’été ne reviendrait plus jamais. J’ai peur de ne jamais plus pouvoir jouer dans le ruisseau, de ne jamais plus pouvoir faire toutes les choses que j’aime faire l’été!
Son papa a éclaté de rire et lui a répondu :
– Voyons, Jacques, c’est juste un rêve! Il ne faut pas prendre ces choses-là au sérieux.
Mais Jacques avait encore peur.
Alors il est allé voir la sorcière de son village, la sorcière Gigi. Il lui a dit :
– J’ai rêvé que l’été ne reviendrait plus jamais. J’ai peur de ne jamais plus pouvoir jouer dans le ruisseau, de ne jamais plus pouvoir faire toutes les choses que j’aime faire l’été!
Au lieu de l’envoyer jouer ou de rire, la sorcière Gigi a pris Jacques au sérieux. Elle a réfléchi, puis lui a demandé d’aller cueillir une citrouille dans son jardin. Jacques est allé dans le jardin de la sorcière et a cueilli une citrouille. Puis, Gigi l’a aidé à gratter l’intérieur de la citrouille. Ensuite, ils ont gravé ensemble, dans la citrouille, le visage de l’hiver : des yeux, un nez, une bouche. Finalement, la sorcière Gigi a regardé Jacques dans les yeux et lui a dit :
– Jacques, je te donne un rayon de soleil de l’été. Tiens, prends-le et mets-le dans la citrouille. Comme ça, il survivra tout l’hiver. Au printemps, tu pourras le laisser sortir pour faire revenir l’été.
Jacques est retourné chez lui avec sa citrouille qui était devenu une lanterne. Il était tout heureux. Il n’avait plus peur de l’automne, ni de l’hiver.
Depuis ce jour-là, chaque année, la sorcière Gigi donne à Jacques un rayon de soleil qu’il garde tout l’automne et tout l’hiver dans sa citrouille et qu’il sort au printemps pour faire revenir l’été.
C’est pour cela que, le soir de l’Halloween, nous mettons, nous aussi, un rayon de soleil dans une citrouille, accroché à la mèche d’un bout de chandelle : pour que l’été n’oublie pas de revenir nous voir après l’hiver.
Jacques était un petit garçon qui aimait beaucoup l’été. Il courait dans les champs, il attrapait des papillons, il écoutait les oiseaux chanter, il s’amusait à voir des dessins dans les nuages, il jouait dans le ruisseau, mangeait des carottes dans le jardin. Tout l’été, il passait ses journées dehors.Mais quand l’été finissait, Jacques était malheureux. Il faisait froid, il pleuvait, toutes les carottes étaient récoltées dans le jardin, les oiseaux se cachaient ou partaient au soleil dans le Sud, et sa maman ne voulait plus le laisser jouer dans le ruisseau parce qu’il faisait trop froid.
Une nuit, Jacques a fait un rêve.
Il a rêvé que l’été ne reviendrait plus jamais. Il n’y aurait plus de soleil, plus de chaleur, plus de carottes. Il ferait toujours, toujours, toujours froid, sombre et humide comme pendant les journées pluvieuses d’octobre.
En se réveillant, Jacques a eu peur. Il a dit à sa maman :
— J’ai rêvé que l’été ne reviendrait plus jamais. J’ai peur de ne jamais plus pouvoir jouer dans le ruisseau, de ne jamais plus pouvoir faire toutes les choses que j’aime faire l’été!
Sa maman lui a répondu :
– Voyons, Jacques, tu penses trop. Va donc jouer dehors dans les feuilles mortes.
Jacques est allé dehors, mais il avait encore peur.
Il est allé voir son papa et lui a dit :
– J’ai rêvé que l’été ne reviendrait plus jamais. J’ai peur de ne jamais plus pouvoir jouer dans le ruisseau, de ne jamais plus pouvoir faire toutes les choses que j’aime faire l’été!
Son papa a éclaté de rire et lui a répondu :
– Voyons, Jacques, c’est juste un rêve! Il ne faut pas prendre ces choses-là au sérieux.
Mais Jacques avait encore peur.
Alors il est allé voir la sorcière de son village, la sorcière Gigi. Il lui a dit :
– J’ai rêvé que l’été ne reviendrait plus jamais. J’ai peur de ne jamais plus pouvoir jouer dans le ruisseau, de ne jamais plus pouvoir faire toutes les choses que j’aime faire l’été!
Au lieu de l’envoyer jouer ou de rire, la sorcière Gigi a pris Jacques au sérieux. Elle a réfléchi, puis lui a demandé d’aller cueillir une citrouille dans son jardin. Jacques est allé dans le jardin de la sorcière et a cueilli une citrouille. Puis, Gigi l’a aidé à gratter l’intérieur de la citrouille. Ensuite, ils ont gravé ensemble, dans la citrouille, le visage de l’hiver : des yeux, un nez, une bouche. Finalement, la sorcière Gigi a regardé Jacques dans les yeux et lui a dit :
– Jacques, je te donne un rayon de soleil de l’été. Tiens, prends-le et mets-le dans la citrouille. Comme ça, il survivra tout l’hiver. Au printemps, tu pourras le laisser sortir pour faire revenir l’été.
Jacques est retourné chez lui avec sa citrouille qui était devenu une lanterne. Il était tout heureux. Il n’avait plus peur de l’automne, ni de l’hiver.
Depuis ce jour-là, chaque année, la sorcière Gigi donne à Jacques un rayon de soleil qu’il garde tout l’automne et tout l’hiver dans sa citrouille et qu’il sort au printemps pour faire revenir l’été.
C’est pour cela que, le soir de l’Halloween, nous mettons, nous aussi, un rayon de soleil dans une citrouille, accroché à la mèche d’un bout de chandelle : pour que l’été n’oublie pas de revenir nous voir après l’hiver.
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lundi 10 octobre 2011
La différence
entre vie et vide
un coup de « d »
fait la différence
différer de soi
la marche est haute
le pas lent
un coup de « d »
fait la différence
différer de soi
la marche est haute
le pas lent
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